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Intégré dans l'appareil, juché au-dessus de l'appareil, ou sur une poignée latérale, le flash est un outil apprécié par les reporters familiaux, sportifs, professionnels. Soleil de poche, il est paré de toutes les vertus : pourtant, comme la plus belle fille du monde, il ne peut donner… que ce qu’il a.
On peut globalement classer les flashes électroniques en trois catégories :


LE FLASH ELECTRONIQUE MANUEL :
Ce flash, que ce soit un petit flash d’appoint ou un gros flash de studio, donne un éclair toujours le même en PUISSANCE et en DUREE. A charge pour l’opérateur de faire les réglages en fonction de la distance entre le flash et le sujet. Car plus le sujet est loin du flash, plus la lumière se sera affaiblie, et donc plus il faudra ouvrir grand le diaphragme.

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Les lois de l’optique nous expliquent que la lumière se perd en fonction du carré de la distance parcourue : le réglage à apporter sera calculé soit par un petit tableau sur l’arrière du flash pour les flashes " de reportage ", soit à l’aide d’un " flashmètre " pour les flashes de studio.

LE FLASH A COMPUTER :
Après l’écrasement de la révolution hongroise en 1956, l’éphémère ministre des télécommunications a émigré aux U.S.A. : voulant rentabiliser son savoir, il fit une étude de marché dont il découla que le flash électronique restait d’une conception archaïque. Il plancha sur le sujet et mit au point une invention géniale qui allait révolutionner la photographie au flash, tant chez les professionnels que chez les amateurs : le doseur automatique, plus communément appelé le computer (terme qui n'avait pas à l'époque le sens d'«ordinateur» que nous lui donnons maintenant mais le sens littéral anglais de "calculateur" puisque son rôle est de calculer l'exposition). Il y a gros à parier que ses royalties lui assurent (au moins : lui ont assuré) un train de vie confortable…

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Plus facile à décrire qu’à mettre au point, le principe est le suivant : l’éclair émis par le flash est réfléchi par le sujet, c’est d’ailleurs grâce à ça que la pellicule est impressionnée. Un petit capteur sur le flash est ajouté pour mesurer le retour de lumière. Quand la quantité de lumière revenue est pile-poil celle qu’il faut pour éclairer la pellicule, l’éclair est éteint grâce au circuit électronique approprié. Si la puissance du flash est constante, sa durée est donc variable : plus le sujet est proche, plus l’éclair est court.
Le gros avantage pour l’opérateur est que l’ouverture du diaphragme est désormais tributaire de la sensibilité du film et non plus de la distance flash-sujet. Bien sûr, la portée maximale du flash reste tributaire de sa puissance.
Deux progrès sont venus peaufiner cette idée de base géniale :
Le multi-computer : la possibilité de choisir entre deux, trois, voire plus, valeurs d’ouverture, chacune correspondant à une portée maximale différente. Ce système s’est généralisé et même les flashes à computer les moins chers offrent au moins le choix entre deux valeurs d’ouverture.
Le thyristor, qui permet de mieux gérer la consommation en énergie : au lieu de consacrer la même quantité d’énergie pour un flash court (sujet proche) et pour un flash long (sujet éloigné), le thyristor veille à ne consacrer que la quantité de courant effectivement nécessaire, peu pour les flashes courts (sujets proches), plus pour les flashes longs (sujets éloignés). Ce qui permet un plus grand nombre d’éclairs avec un jeu de piles, et un intervalle très court entre les éclairs en cas de sujets rapprochés.

LE FLASH TTL :
" TTL " signifie "through the lens", c’est-à-dire "à travers l’objectif" : au lieu que le capteur du computer se situe sur le flash, les fabricants ont, à partir du milieu des années ’80, généralisé le placement du capteur dans le boîtier, ce qui permet de mesurer la lumière du flash de la même manière que la lumière solaire ou la lumière ambiante, à travers l’objectif.

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Le premier avantage se situe au niveau de sujets très rapprochés (portrait, macro, etc.) : le deuxième au niveau des progrès réalisés au niveau de la " mesure multizone " aujourd’hui appliquée à la mesure de l’éclairage flash.


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Foire Aux Questions


Q. Je suis sûr(e) que l’éclair s’est donné, et pourtant il n’a pas éclairé la photo : pourquoi ?
R. Parce que le contact s’est donné à contretemps. Dans un appareil reflex moderne, le principe de l’obturation est le suivant : un premier rideau s’ouvre, un deuxième rideau se ferme. Le contact provoquant l’allumage du flash est provoqué à l’arrivée du premier rideau. Si, parce qu’on a utilisé par inadvertance un des anciens contacts M ou FP, ou parce qu’il y a une défectuosité dans l’appareil, le contact se donne avant le départ du premier rideau, l’éclair est déjà éteint avant que le premier rideau ne s’ouvre.


Q. J’ai une bande noire bien nette sur le côté de mon image, pourquoi ?
R. Parce que vous avez imposé une vitesse d’obturation trop rapide, plus rapide que celle attribuée à la " synchro-flash " de votre appareil. Si vous reprenez l’explication ci-dessus : l’éclair se donne au moment où le premier rideau a fini de dévoiler le film. Encore faut-il que le deuxième rideau ne soit pas encore parti, sinon il masque une partie de l’image. Suivant les appareils, la vitesse la plus élevée qui laisse un infime temps mort (suffisant pour l’éclair) entre la fin du mouvement du premier rideau et le début du mouvement du deuxième sera 1/60e, 1/90e, 1/125e voir 1/250e de seconde pour les plus performants.


Q. Pourtant, avec mon appareil, je peux réussir au flash au 1/4000e de seconde ! ! !
R. Parce que cet appareil est équipé d’une fonction spéciale permettant les éclairs à très haute rapidité. Au lieu de faire UN éclair, votre flash envoie une multitude d’éclairs pendant toute la durée du mouvement du rideau.


Q. Pourquoi, derrière le sujet, tout est-il si noir?
R. Parce que le chemin parcouru par la lumière envoyée par le flash, est plus long entre le flash et le fond, qu'entre le flash et le sujet ! Si le sujet est à 2m du flash, et qu'il y a encore 2m entre le sujet et le fond (p.ex. mur), le fond ne reçoit pas deux fois, mais QUATRE FOIS moins de lumière (soit une sous-ex' de deux diaphragmes), puisque celle-ci ne se perd pas en fonction de la distance, mais en fonction du carré de la distance.


Q. Qu’entend-on par la "synchro deuxième rideau" ?
R. Il s’agit d’une formule autorisant certains effets spéciaux. On l'appelle aussi "synchro lente". Au lieu de donner le contact au moment où le premier rideau arrive, on le donne au moment où le second part. Ce qui permet de faire des photos en pose lente pour obtenir un effet de " filé " (par exemple des danseuses espagnoles virevoltant avec leurs longues robes) puis d’envoyer le flash à la fin de la pose. On aura donc une photo où le sujet, net, est accompagné d’une image parasite (volontaire) en flou-bougé. Ce qui peut donner des effets esthétiques intéressants pour les sujets dynamiques.


Q. A quoi sont dûs les "yeux rouges"?
R. Au fait que la lumière réagit comme une bille de billard : si vous l'envoyez de face, elle revient à son point de départ, si vous l'envoyez de côté, elle file de l'autre côté. La trop grande proximité entre le flash et l'objectif lorsque le flash est intégré dans le boîtier, fait que l'éclair va se refléter sur la rétine du sujet (qui est un tissu imprégné de sang) puis revient par le même chemin.
    Le problème est surtout important avec les enfants, et les adultes aux yeux bleus, dont la cornée est plus transparente.
    Le problème ne se pose pas ou guère avec les flashes que l'on glisse sur la tête de l'appareil, et moins encore quand on travaille avec une torche latérale. Toutefois, même ainsi, le risque zéro n'existe pas : plus on s'éloigne du sujet, plus l'angle de convergence des deux axes (axe du flash, axe optique de l'appareil) diminue, et aux alentours de 1,5 degré le risque apparaît. Au télé, même un flash sur le dessus de l'appareil peut donner des yeux rouges (expérience personnelle).
    Le moins mauvais remède que l'on ait trouvé jusqu'à présent pour REDUIRE le risque (ce qui ne veut pas dire le supprimer) des yeux rouges est l'envoi de petits éclairs préalables, qui ont l'inconvénient de prendre du temps et d'enlever de la spontanéité aux photos.
    Le meilleur remède, même s'il n'est pas pratique avec un compact, est d'utiliser un flash-torche latéral. Il en existe équipés d'un servodéclencheur qui allume le flash d'appoint dès l'allumage du flash principal.


Q. Comment se fait-il que certains pros et amateurs avertis utilisent leur flash en plein soleil?
R. Parce qu'ils pratiquent le "fill-in" (textuellement : "remplissage"). Cela consiste à éclairer les parties du sujet qui sont dans l'ombre et perdent donc de la lisibilité, voire qui forment ombre chinoise quand ils sont en contre-jour. Si les appareils reflex sont équipés d'un flash intégré, c'est d'ailleurs pour le fill-in, pas pour remplacer un flash "normal".
Les compacts et les reflex modernes ont dans leur "cerveau" informatique les règles qui permettent de gérer le fill-in de manière standard : les reflex les plus performants permettent en outre de le "doser" (de modifier son ratio, disent les pros). Si la partie du sujet qui est dans l'ombre est éclairée avec la même intensité que le reste de l'image, cela peut dans certains cas manquer d'intérêt : on désire conserver au moins légèrement l'effet de contre-jour par exemple. On pourra dans ce cas demander à l'appareil de sous-exposer légèrement la zone éclairée par le flash.
On peut en somme alors comparer le flash à un "soleil d'appoint". Cela dit, comme toutes les techniques photographiques, c'est à force d'essayer que l'on maîtrise le fill-in...


Q : Est-il possible de travailler sans flash?
R : Oui, dans un certain nombre de cas. Il existe en effet des films de très haute sensibilité, dont la qualité a été grandement améliorée grâce aux progrès technologiques de ces dernières années. L'avantage est de respecter l'ambiance du sujet (sans éclairer plus l'avant-plan que l'arrière-plan). Allergique au flash, Jacques VERREES prouve sur son site les possibilités du travail en lumière d'ambiance, sans flash : cliquer ici. L'avantage est de respecter l'ambiance du sujet (sans éclairer plus l'avant-plan que l'arrière-plan).


Q : Quelles sont les difficultés de la prise de vue au flash sous l'eau?
R : Les difficultés sont concernent princpipalement la manipulation. En effet, on peut avoir 2 flashes (le deuxième servant, comme en photo 'terrestre', à déboucher les ombres) à bout de 'bras' pouvant être très longs (pour la photo d'ambiance notamment). Leur manipulation dans le courant ou tout simplement leur orientation n'est pas aisée.
En ce qui concerne le TTL, il faut distinguer le type de photo que l'on fait. En macro pas de problème, on peut utiliser le TTL.
En ambiance, et de facon générale avec un grand angle (<= 24mm) le TTL n'est pas recommandé car les 80% de background (NdW : arrière-plan) bleu vont l'affoler et le premier plan aura tendance à être cramé. Il faut donc estimer la distance flash-sujet (et non pas appareil-sujet) et utiliser la formule 'terrestre' qui reste vraie, a savoir :
Ouverture = NG sous marin / distance 'flash principal-sujet'
Le NG sous marin est le l'ordre de 8-9 (peut aller jusqu'a 12) pour la majorité des flashes. Il faudra cependant essayer de ne pas l'utiliser 'aux limites' pour conserver une température de couleur de l'ordre de 4800 Kelvin (les rouges seront alors claquants).
Autre difficulté, l'estimation de la distance 'flash-sujet', car sous l'eau tout paraît plus grand/long de 30%. C'est ainsi qu'un poisson d'1 mètre nous paraîtra faire 1m30, il n'est donc pas simple d'estimer des distances et l'expérience nous est très précieuse.
Enfin, lorsque l'on photographie profond (au dela de 40 mètres) on devient particulièrement con (encore plus con !) et les moindres opérations de calcul deviennent une torture à cause de la narcose (plus communément appelée ivresse des profondeurs).


Ces explications sont dues à Michel MARI, que je remercie : elles sont extraites d'un échange sur le forum de Chasseur d'Images.

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